









Le Château de Quéribus
Nous empruntons une des routes qu’il avait mission de barrer, une de celles qui viennent du Sud, d’Aragon et de toute une Espagne qui venait alors jusqu’ici. Il se dresse devant nous, telle une flèche pointée vers le ciel, fondu dans le paysage minéral, morceau de montagne façonné par les hommes.
Nous arrivons tout proche et nous avons déjà l’impression de tutoyer les sommets, des Pyrénées aux Corbières et jusqu’à la mer. L’accès ne devait pas être aussi facile à l’époque, quand il devait être imprenable pour protéger tout un pays ou les Cathares réfugiés en son sein.
Aux abords de la citadelle, ses murs épais ne nous dévoilent encore rien quand l’époustouflant panorama s’ouvrent déjà devant nous : la Plaine du Roussillon jusqu’à la méditerranée et les cimes des Pyrénées. Hypnotisés par le spectacle, nous continuons lentement à gravir ces escaliers qui semblent monter vers le vide, comme une irrésistible impression que cela peut-être encore plus beau.
Nous arrivons à décrocher le regard du tableau qui s’offre à nous pour découvrir la puissante forteresse. Impossible d’imaginer d’en bas son architecture sophistiquée encore fièrement dressée ni de comprendre les volumes de l’édifice bâti à même la pierre. Comme préservés par les éléments, il reste de nombreux témoins de la vie organisée qui se déroulait ici.
A l’intérieur du donjon, la salle du pilier et sa voûte en palmier donne sur un escalier qui s’enroule vers le bas et le haut. Nous choisissons de monter, encore, évidemment, vers le plus haut point du château pour enfin arriver et ne plus faire que regarder. Perpignan est à nos pieds, au bord de l’eau, nous volons au dessus du joli Village de Cucugnan et de toutes les Corbières et nous touchons du doigt Peyrepertuse et les Pyrénées. Nous ne faisons qu’un avec le ciel, impossible de partir, nous nous sentons trop bien, nous avons l’impression d’être au sommet du monde, du monde de Quéribus .
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